posté le 12/04/21 par mathys75

Ma première expérience de running avec un déficient visuel - ,

Aurore avec son partenaire de course

Qui est Aurore, cette femme qui en 2019 n'arrivait pas à courir plus de 5 km d’affilée et qui a décidé de se lancer dans le running avec un déficient visuel ? Comment en est-elle arrivée à vouloir faire le semi-marathon de Paris en tant que guide ? ON vous explique tout.

Au début il y a Aurore

En 2019, Aurore se met à la course à pied. Au départ, cette activité n’est pas une partie de plaisir mais une rencontre va tout changer. Cette rencontre c'est celle de Nathalie. Elle lui explique qu'il vaut mieux courir doucement pour pouvoir réussir à réaliser de plus longues distances. Ainsi, de 3 à 4 km par session, Aurore va finalement passer de 7 à 8 puis va avoir pour objectif le semi-marathon de Paris, qui représente à lui seul 21,5 km au total.

Un an après avoir commencé la course à pied, Aurore tombe sur une annonce postée sur le groupe Facebook d’Adidas d’un aveugle cherchant des personnes pour guider des déficients visuels souhaitant faire du running. Sans hésiter, elle prend contact avec lui car dans la course elle ne « recherche pas les records personnels (Rp) et encore moins la solitude ». Non, elle court pour « partager des choses avec d'autres gens ». Elle aime allier l'utile à l'agréable. En effet, pour Aurore, courir avec une personne déficiente visuelle lui permet de « se sentir utile tout en prenant du plaisir » pour elle-même.

Étre guide : un métier ?

Faire du running avec un déficient visuel n'est pas difficile en soi. Aurore le reconnaît, « On s'en fait toute une montagne alors qu'au final c’est intuitif ». Puis elle poursuit : « À force, on oublie, on fait toujours attention mais ça finit par devenir naturel. C'est la personne bienvoyante qui a plus peur que la personne déficiente visuelle, qui elle a très vite confiance ».

La confiance est effectivement quelque chose d'essentiel quand on est aveugle ou malvoyant. On est régulièrement amené à faire confiance aux gens dans la rue, à nos amis, à notre famille. Alors certes, il y a parfois des déconvenues, des accidents, mais rien de grave. Il ne faut pas s'en vouloir, ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. L’important est de ne pas s’inquiéter et d’oser tenter l’expérience de l’aventure à deux.

D’après Aurore, le plus simple est de commencer sur la piste. « C’est idéal, il n'y a pas trop de monde et en général les gens qui courent sur la piste font plus attention. Le grand avantage de la piste est qu'à part les autres sportifs, il n'y a pas d'obstacles parasites comme cela peut être le cas dans la rue ou dans les parcs (poteaux, arbres, chaises, sols inégaux …) ».

À vos baskets

Aurore ne conseille pas de regarder de vidéos pour apprendre à guider. Pour elle, la course est intuitive. « Il faut s'adapter à l'autre puis faire en fonction de ça, tenir compte de ses préférences en matière de guidage ». Certains préfèrent courir en tenant le coude quand d'autres aiment mieux le faire avec une ficelle que le guide et le guidé enroulent autour de leur poignet.

Deux ans après ses débuts en course à pied et moins d'un an après avoir tenté pour la première fois le running avec un déficient visuel, Aurore vise le semi-marathon de Paris du 5 septembre. Non pas seule bien entendu, mais avec Pierre, car pour elle, les valeurs de partage sont les plus belles qui existent.

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